Une autre zirgouille. Tonton Maxime n’en avait jamais fait autant en si peu de temps. Il avait exécuté son revers… du néant vers le paradis. Les voyageurs n’eurent pas le temps de rêver qu’ils étaient déjà sortis.
« Je crains qu’elle ne veuille ma demi-lune pour elle » se disait Marilyn qui se retournait par hasard vers Henri. Il venait de répondre pour la millième fois à la fabuleuse femme noire. On avait fini par la surnommer Fleur, parce qu’on l’envoyait souvent y jouer.
Marilyn ne désirait pas voir une autre prétendante. Pas du tout. Elle devenait un peu jalouse. Bien que ce sentiment n’appartienne en réalité qu’à ce qu’était l’enfer. Ce qui l’agaçait principalement était le fait qu’elle ne savait plus si Henri lui était destiné, promis.
Elle avait maintenant un doute. – Pelures s’était-il fourvoyé ? Elle avait attendu un bon bout de temps avant d’oser croire qu’elle pourrait se promener paisiblement dans le paradis, près de son compagnon ! Sa demi-lune ! Elle projetait d'échanger grâce au Lulum. N’était-ce plus finalement qu’une illusion qui se dissipait déjà ?
« Comment pourrais-je lui en vouloir ? » se disait-elle en pensant à la détresse, à la perdition inconsciente que devait subir Fleur. Après tout n’avait-elle pas subi elle-même quelque chose de semblable ?
— Au fait, il faudrait trouver une solution pour Fleur. Si nous ne l’aidons pas, elle pourrait finir par avoir des problèmes, amena sur le tapis Marilyn, s’imaginant que, si Fleur pouvait enfin voir clair, cela aurait des incidences sur sa propre perception vis-à-vis d’Henri.
— Vous m’y faites penser Marilyn, au fait où est-elle ? Il me semble que cela fait un bon bout de temps qu’elle n’est pas venue m’interroger, compléta Henri qui marchait avec Tonton Maxime près de la femme blonde.
— Nous pourrions expédier les démons qui n’ont pas été bénis que nous allons rencontrer, au sixième ciel ? ajoutèrent Raspoutine et Calamity Jane, qui les avaient rejoints. Ils seraient sûrement mieux là qu’en enfer. Le sixième ciel, ce ne doit pas être si mal, après tout. Enfin, il vaut peut-être mieux s’en tenir au plan initial.
— Le sixième ciel ?… Le sixième ciel, en effet cela nous dit quelque chose. N’est-ce pas une vieille légende que tout être sensé au paradis devrait avoir oubliée depuis belle fleurette. Que dis-je ?!… belle lurette, dit en apparaissant Tonton
— Ce n’était qu’une plaisanterie ! Vous savez bien que ça n’existe pas, complétèrent Pelures et Guili-guili arrivant en volant, et se mêlant aussitôt à la conversation. Nous aurions beaucoup aimé voir, car cela aurait satisfait notre sempiternelle curiosité, à notre épouse ainsi qu’à nous-même. Au fait, nous ne vous l’avons pas encore présentée… Guili-Guili je te présente Marilyn Monroe, Henri Toutrec, Tonton Maxime et des demi-lunes dont j'oublie les noms.
— Vous, Tonton, vous êtes au courant de cette légende du sixième ciel ?
— Des rumeurs complétant cette légende disent qu’il suffit de souffler sur le sol en le creusant. Mais cela n’est accordé qu’à ceux qui ont la compréhension incisive des closes. Que dis-je ?!… compréhension instinctive des choses.
— Moi, je l’ai ! dit fièrement Henri qui s’empressa de souffler en grattant le sol pour découvrir en très peu de temps le sixième ciel un peu plus bas. Chacun leur tour, ils regardèrent par ce trou l’étage éthérique du dessous qu’ils voyaient bien près. À peine deux mètres plus bas. Puis, ils placèrent une pierre pour en bloquer l’entrée. Cela par crainte que Fleur, revenue, n’y tombât.
— Comme cela est étonnant. Nous n’aurions jamais osé croire à cela, dit le couple d’anges.
Pelures oubliait la compréhension instinctive des choses d’Henri Toutrec.
Ne dit-on pas que toutes les légendes ont un fond de vérité ! « maximisa » Tonton Maxime. Maintenant, passons à la phrase deux du plan. Que dis-je ?! À la phase deux. Et peut-être qu’avec de la chance nous allons solutionner le problème de Pleures… Que dis-je ?!… de Fleur.